HAITI : un problème écologique majeur

Au delà du drame actuel qui nécessite une aide d’urgence, ce pays représente l’exemple d’une catastrophe écologique annoncée. Examinons sa situation par rapport à l’empreinte écologique qui est un indicateur global d’impact environnemental .

Haïti occupe 27 000 km2 d’une île dont l’autre partie est la République Dominicaine d’une surface de 48000 km2.

Haïti est grand comme la Bretagne avec une population de 8 millions d’habitants. A titre de comparaison, la Bretagne ou les Pays de la Loire ont une population d’environ 3 millions d’habitants.

L’empreinte écologique (EE) est de 0,6 Ha/hab – un français une empreinte de 5,6 Ha – pour une biocapacité de 0,3 Ha (terres, forêts, pêche).

Cela veut dire que chaque habitant dispose en moyenne de 3000 m2  – chaque français a 3 ha – pour se nourrir, s’habiller, se chauffer, s’éclairer… Ceci est insuffisant : on estime qu’il est difficile de subsister avec moins d’1 Ha par habitant, d’autant plus qu’il n’y a pas de ressources fossiles locales. Ceci explique la situation économique d’un pays totalement assisté par la communauté haïtienne extérieure et par l’aide internationale et la situation de l’écosystème dégradé par la déforestation (95% de la forêt est détruite) puis l’érosion des sols.

Son voisin la république Dominicaine se porte mieux avec une biocapacité de 0,8ha /hab et une EE de 1,6 ha/hab.Le déficit écologique étant comblé par l’apport économique du tourisme et ses exportations. Notons au passage que la plupart des îles antillaises, dont les francaises sont en déficit écologique de ce type et donc à la merci de la moindre pénurie d’aide externe en particulier d’énergie fossile.

A moyen et long terme pour augmenter la biocapacité disponible par personne, il faut :

  1. enrayer la croissance de la population qui a été multipliée par 3 depuis 1950 (éducation, planning familial, etc..) puisque la biocapacité individuelle dépend du nombre d’habitants ce qui pourra freiner la pression sur l’écosystème ;
  2. restaurer les écosystèmes agricoles et forestiers soumis à la surexploitation ;
  3. aider financièrement avec ces priorités ,sans ces priorités on ne fait qu’accentuer le problème.

Si ces mesures ne sont pas prises il est à craindre que cette partie de l’île ne finisse comme la civilisation de l’île de Pâques qui, n’ayant pas maîtrisé sa consommation de ressources locales, a disparu.

JYL

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